Modernity - Museo Pigorini

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Information about Modernity - Museo Pigorini

Published on February 17, 2014

Author: simo4584

Source: slideshare.net

Museo Pigorini Roma Modernity Most European ethnography museums were established in the early stages of colonization. In some instances, their role was overtly political, for they were designed as showcases for the colonial enterprise, which was presented as a civilizing mission. Their collections were instruments of propaganda for colonial expansion, setting the stage for the economic benefits that European countries could reap from exploiting the colonized territories. Independence has led to something of an identity crisis in these museums in recent decades. Their purpose gone, these museums have had to reconsider their position in a society where the perception of remote peoples is still stereotyped. The concept of modernity is considered by some as having been overtaken by ideas of ‘postmodernity’, ‘hypermodernity’ or by multiple ‘local modernities’. We propose rethinking the concept of modernity as applied to ethnographic museums, as such museums are far more closely entangled with the contemporary world than is generally thought. The processes of evangelization and colonization with which these museums were closely, or indirectly, linked have trapped some in the past, side-lining them from contemporary intellectual currents, often accompanied by an uneasy sense of guilt. The term ‘ethnography’ itself has suffered from this marginalization, to the point that some of these museums have ceased to use it in their names. Yet they all continue to study the societies whose artefacts are in their collections and archives. They are still gathering information today, doing fieldwork in a world where ‘the field’ is less easily defined, is multiple, and close at hand, both physically and virtually. This component of the project approaches the theme of first encounters: both the earliest contacts in the age of exploration and those of migration today. Europeans setting out to discover the world and its riches established contacts with remote peoples who are today trying to make the same journey in reverse in search of a better life. Ethnography museums cannot overlook these migrations, which generate ‘first encounters’ of a new kind, offering the potential for rich dialogue whose neglect risks impoverishing museums. In a globalising world, cultural diversity remains a potential source of enrichment and openness. For some, diversity generates fear and insecurity, contributes to racial stereotyping and falsely legitimises harsh immigration policies. Ethnography museums have a role to play in dismantling such cultural and racial clichés, so that genuine ‘first encounters’ once again become possible. At one time what made ethnographic museums special was their capacity to give visitors a taste of the exotic, taking them on a journey to faraway places. Now that mass tourism allows trips to the most distant destinations and the media hunt for ever more exotic ‘getaways’, this can no longer be a unique selling point for ethnographic museums. More unfortunate is a widespread public assumption that a museum always deals with heritage that belongs to the past. The vision of culture which ethnography museums project ought to be one in which the cultures in question are self-reflexively located firmly in the present. Historical, geographical and political contexts should be incorporated, as much as voyeurism, cliché and exoticism must be avoided. Modernité La plupart des musées d’ethnographie européens sont nés dans la mouvance de la constitution des colonies. Leur rôle éminemment politique visait à offrir une vitrine à l’entreprise coloniale

présentée à l’époque comme civilisatrice. Outils de propagande de l’expansion impérialiste, leurs collections servaient à mettre en scène les bénéfices économiques que les nations européennes pouvaient retirer de l’exploitation des territoires investis. Avec l’accession à l’indépendance de l’ensemble des pays colonisés, les musées ont connu, ces dernières décennies, une véritable “crise identitaire”. Appelés à disparaître ou à se reconvertir fondamentalement, ils ont dû reconsidérer leur position dans une société où la perception des populations lointaines est toujours empreinte de préjugés. Galvaudé selon certains ou franchement dépassé depuis qu’on parle de “post” et d’“hyper” modernité, ce concept doit être entendu dans le sens où les musées d’ethnographie sont beaucoup plus confrontés au monde contemporain que d’aucuns ne l’imaginent. Les histoires d’évangélisation et de colonisation auxquelles ils ont été généralement mêlés, même indirectement, les ont installés dans un passé révolu et ont contribué à les précipiter dans un oubli souvent associé à une culpabilité mal assumée. Le terme “ethnographie” a souffert de cette marginalisation, à tel point que certains musées l’ont banni de leur dénomination. Pourtant, tous ont continué à s’impliquer dans l’étude des sociétés dont ils avaient accumulé des artefacts ainsi que des connaissances précieuses. Tous continuent aujourd’hui leur quête d’information envoyant sur place des anthropologues qui se voient confrontés à des sociétés résolument contemporaines et dynamiques qui n’ont cessé de connaître de profonds changements faits d’un mélange complexe de contacts, d’importations, d’influences et de résistances. Contrairement aux préjugés qui circulent toujours sur les cultures non européennes (trop souvent encore qualifiées de primitives), ce n’est pas exclusivement le contact avec l’Occident qui les a installées dans une forme de modernité. Par définition, le changement est constitutif de chaque société aussi réduite et aussi peu développée technologiquement soit-elle. L’objectif du chantier de réflexion initié par ce projet est de proposer une critique de la modernité. Il s’agit de distinguer la construction théorique de cette critique et son effectivité pratique. Ainsi, d’un point de vue discursif la modernité serait l’apanage d’un occident rationnel qui manifeste la volonté de s’opposer à l’irrationnel. Le discours que la modernité produit sur elle-même institue un système d’analyse binaire du monde (croyance/savoir ; religion/science ; théorie/pratique). Or cette grille de lecture ne permet pas de penser l’effectivité de la modernité engagée de fait dans un incessant processus d’hybridation. Ainsi, ce thème de recherche vise à critiquer un certain usage de la modernité en soulignant, à travers des productions artistiques, comment elle est à l’oeuvre dans l’ensemble des sociétés humaines. Cette thématique est abordée d’un point de vue diachronique et synchronique : les premières rencontres survenues au cours des voyages d’exploration et celles qui ont lieu aujourd’hui à travers les phénomènes migratoires. Les Européens, à la découverte du monde et de ses richesses, ont établi des premiers contacts avec des populations lointaines qui, à leur tour, tentent aujourd’hui le périple en sens inverse, à la recherche d’une vie meilleure. Il appartient également aux musées d’ethnographie de s’intéresser à ces migrations qui engendrent un nouveau type de premières rencontres et des possibilités de dialogue trop souvent évacuées. Bien que le monde contemporain soit de plus en plus globalisé, la diversité des cultures apparaît comme une source d’enrichissement et d’ouverture. Cependant, pour certains, cette diversité est source de déstabilisation et de peur. Dans les politiques de contrôle des flux migratoires, les craintes liées à des visions stéréotypées des étrangers, servent de justificatifs à des durcissements dont les conséquences peuvent être néfastes. Stigmatisés dans leur altérité, les migrants, les sanspapiers et les étrangers en général font les frais de l’indigence des connaissances qui circulent à leur égard. Déconstruire les clichés qui réduisent les individus et leurs spécificités à des entités culturelles dans lesquelles, bien souvent, ils ne se reconnaissent pas, permettrait de rétablir des possibilités de premiers contacts.

Les évocations de ces premières rencontres doivent rendre compte du contexte dans lequel elles se sont produites et de l’environnement cognitif mobilisé par les individus. Retracer ces rencontres historiques pour déconstruire les appréhensions qui nous taraudent aujourd’hui représente un enjeu essentiel de ce projet. Autrefois, les musées d’ethnographie offraient à leurs publics une forme de dépaysement, de possibilité de voyage vers des contrées lointaines. Aujourd’hui, face à l’industrie touristique, qui propose des destinations toujours plus insolites et aux médias qui ciblent les situations les plus exotiques possibles, ils pourraient ne plus disposer d’une capacité attractive suffisante. Qui plus est, dans l’esprit du public, la notion de musée est souvent associée à un patrimoine qui appartient au passé. Les musées d’ethnographie doivent démontrer que leur approche est aussi contemporaine et intégrer la modernité des cultures dans la présentation des collections. Cette perspective ne peut se faire qu’en contextualisant et surtout en resituant l’étude des collections et des pratiques dans une perspective historique, géographique et politique. Les musées ont les atouts et les outils pour proposer un autre type de rencontres en évitant les écueils du voyeurisme, des préjugés et de l’exotisme

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