La valeur de l'information Ecrite : Part 1 (Court Circuits)

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Information about La valeur de l'information Ecrite : Part 1 (Court Circuits)
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Published on March 7, 2009

Author: psst

Source: slideshare.net

Description

Aujourd’hui la valeur de l’information sur le papier réside dans son traitement.

Les journalistes l’analysent, la mettent en perspective, valident les sources, l’illustrent.

Il faut aller encore plus loin pour parvenir à augmenter la valeur perçue de l’information dans la presse. Plus loin…au plus prés des attentes des lecteurs…

Bref la traiter en fonction de leurs attentes spécifiques, en pleine affinité avec eux.

Il existe plusieurs pistes de réflexion possibles, puisque chacun de nous valorise une information d’une façon différente :

- Brute : le lecteur se fait son opinion

- Transparente : l’information transparente : le lecteur suit l’information à la trace pour la valider en fonction des relais d’information

- Opérationnelle : elle devient un moyen de réalisation

- Gratuite : sa valeur est aussi dans son rapport qualité prix

- Ethique : sa valeur vient des valeurs et opinion des personnes qui la diffusent

- Expérientielle : il y a partage d’expériences

- Exclusive : il n’est pas accessible a tout le monde, rédigée par des experts

- Hyper disponible : disponible immédiatement

- Hyper-pertinente : l’information est ciblée

Le nouveau rôle de la presse : aggrégateurs d’information et de communautés d’intérêts.

Jusqu’alors la presse faisait particulièrement autorité face à d’autres grands médias comme la télévision ou la radio. Mais les gens ont accès à de plus en plus de sources ultra ciblées, que ce soient des médias presse, la télé…là ou ils veulent, quand ils veulent.

De plus, tout le monde aujourd’hui peut devenir producteur de contenu, et diffuse via les plateformes de blogging ou micro-blogging.

Il faut se rendre à l’évidence : l’information n’est plus maîtrisable et maîtrisée. Nous assistons à la montée d’un besoin grandissant de filtrage, de hiérarchisation et de simplification de l’information.

Certaines personnes sur internet, choisissent et organisent de façon quasi professionnelle leurs flux d’information grâce aux applications netvibes ou autres igoogle, la ou un très grand nombre de personnes sélectionnent leurs chaînes de TV en choisissant tel ou tel bouquet satellite, ou en choisissant leur journal au kiosque.

On voit paraître un besoin d’agrégation de l’information à la fois individuelle et collective.

C’est pour cela que la presse doit s’adapter. La presse doit donc désormais se présenter comme le meilleur point d’entrée pour prendre connaissance de l’ensemble de l’information qui circule dans la presse, internet, à la TV, de bouche à oreilles et qui est pertinente pour les lecteurs. Elle doit ainsi agréger, en faisant remonter l’ensemble des prises de paroles et en les intégrant : il ne s’agit plus de faire cohabiter l’information «officielle » aux cotés de l’information « non officielle » comme par exemple sur le site web du monde.

Dorénavant pour les journalistes, c'est comme si le vrai travail commençait après la diffusion d’une information. Ils deviendraient plus que jamais aggrégateurs de contenus similaires a ceux qu’ils ont signés et animateurs de communautés d’intérêts autour de ces contenus réunit. Cela permettrait a certains contenus d’émerger dans la presse et sur internet alors qu’ils n’étaient pas encore connus par les journalistes, cela permettrait d’effectuer périodiquement une grande synthèse.

Le développement de services autour de l’information

Puisque Internet a démultiplié les points de relais de l’information, on assiste à une scission entre le média et l’information. Il est donc important de coller au plus près des usages et de mieux appréhender les contextes de vie pour sélectionner au mieux les points de diffusion et la nature des contenus. "Direct soir" n'est que le début d'un grande vague d’innovations contextuelles dans la presse.

PARTIE 1 LES ENJEUX DE LA LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION Photo: kristel by Evil Erin

PLAN PARTIE 1 Section 1- De l’analyse des médias : des moyens de communication devenus progressivement de plus en plus interactifs. Section 2 - Les nouveaux moyens de communication ont entraîné de nouvelles pratiques et engendré de nouvelles attentes d’inter activité avec les medias, les gens et contenus informatifs. Section 3- La libre circulation de l’information qui passe plus que jamais de main en main et qui se diffuse rapidement d’un support a l’autre exige un questionnement de fond sur la gestion de l’opinion publique. Section 4 - Les enjeux de la concurrence face à la TV et la radio : ces mass médias attisent l’émotion du public pour faire de l’audience alors que la presse doit faire preuve de discernement.

Section 1 De l’analyse des médias : des moyens de communication devenus progressivement de plus en plus interactifs. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias. 1-2 Implications de la convergence numérique sur l’information Photo: Sleepeating

1-1 Les grands modèles d’analyse des médias. Decuyper Nathalie, professeur droit de l’information et de la communication.

Les médias sont un secteur d’activité économique particulièrement actif, une véritable industrie dont l’évolution est aussi rapide qu’imprévisible et liée avec l’évolution des pratiques culturelles générales. La recherche scientifique comme le travail législatif se trouvent régulièrement dépassés par la vitesse et l’ampleur des mutations du paysage et des pratiques médiatiques. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Définition des termes employés dans les médias: Média: Moyen de communication qui permet soit le déplacement de personnes ou de biens, soit l’échange symbolique, c’est-à-dire l’échange de messages, d’idées ou d’information. L’information : dans le contexte qui nous occupe, deux familles sémantiques se distinguent ; Au sens restrictif, l’information est un élément qui peut être transmis par un signal. Au sens journalistique, l’information est « nouvelle », « actualité » c'est-à-dire « renseignement ou événement qu’on porte à la connaissance d’une personne, d’un public ». La communication : terme qui s’applique à tout phénomène comportant un transfert d’information. L’information constitue en quelque sorte la substance, la matière et la communication l’action. La communication peut être interpersonnelle ou collective, proche ou télécommunication, naturelle ou médiatisée, bidirectionnelle ou unidirectionnelle.. Communication médiatisée : recourant à des intermédiaires techniques pour l’acheminement des messages, par opposition à la communication naturelle. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Définition des termes employés dans les médias: La diffusion : est l’action de répandre des informations au moyen de messages, à partir d’un émetteur et de relais éventuels, à l’intention d’un ou plusieurs groupes de destinataires. Libre circulation de l’information: Capacité pour les faits et les idées d’être communiqués sans contraintes ni entraves. Liberté de presse: Droit reconnu à tout citoyen de publier ou de faire publier ses opinions dans un média. Média communautaire: Média qui appartient à une communauté locale ou régionale et dont les membres participent à la gestion. Média de masse: Ensemble de supports de diffusion massive de l’information (presse, télévi-sion, câblodistribution, etc.). Média traditionnel: Média établi avant l’implantation d’Internet par opposition au terme « nouveaux médias ». 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les fonctions essentielles de la communication : l’apport de Harold Lasswell - la surveillance de l’environnement (rassembler et traiter des informations que la société doit connaître sur les besoins, les menaces, les perspectives auxquelles elle doit faire face). - la mise en relation (corrélation) des composantes de la société dans leurs réactions face à l’environnement (interprétation de l’information et recommandations face aux événements rapportés, notamment organisation du pouvoir, des responsabilités, des lois). - la transmission de l’héritage social (savoirs et valeurs) d’une génération à l’autre, des anciens aux nouveaux membres du groupe (socialisation). 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les fonctions essentielles de la communication : l’apport de Jean STOETZEL. Il distingue, parmi les fonctions de la presse, l’information (fonction centrale) et trois autres fonctions -Appartenance sociale : on marque son appartenance à un ou des groupes, mais on se tient également informé de ce qui se pense et se fait dans ces groupes. -Récréation : on consomme les médias avant tout pour se distraire (les émissions « sérieuses » doivent intégrer une composante spectaculaire ou divertissante. - Psychothérapie : il s’agit de purger, de soulager les tensions, notamment le défoulement qui libère des tensions et des frustrations accumulées par ailleurs. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : le Behaviorisme (1/9) Ivan Pavlov incarne à lui seul l’archétype du modèle méthodologique béhavioriste. Ses expériences sur le conditionnement des chiens ont démontré la façon font on peut induire une « réponse » en associant un « renforcement » (positif ou négatif) à un « stimulus » = le conditionnement classique. Le conditionnement opérant est le conditionnement qui permet l’apprentissage de comportements (le sujet apprend la séquence liant une certaine action à un certain effet). Le développement de médias capables de diffuser des contenus simultanément et instantanément à des publics nombreux et dispersés, a rapidement nourri de vives inquiétudes sur les effets produits par les médias et l’instrumentalisation qui peut en être faite. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : les modèles linéaires, le système général de la communication (2/9) A la fin des années 1940 aux Etats-Unis, CLAUDE ELWWOD SHANNON travaillait dans une perspective essentiellement orientée vers l’efficacité de la communication en termes de quantité d’information transmise, de capacité de transmission d’un canal, de fiabilité de la communication par réduction des pertes et dégradations, c’est-à-dire essentiellement des préoccupations relatives au contenant (support matériel). L’ensemble des travaux de Shannon est à la fois général (il s’applique à la plupart des phénomènes de communication) et limité à la seule mesure de la transmission d’information au sens cybernétique, c’est-à-dire n’envisageant que les paramètres techniques. L’objet des recherches en question était d’optimiser les canaux physiques de communication. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : les modèles linéaires, le système général de la communication (2/9) Shannon a élaboré une représentation schématique de la communication telle qu’il l’envisage dans son laboratoire, « le système général de communication » : - Une source d’information énonce un message que l’émetteur va coder et transformer en signal qui va être acheminé par le canal, puis décodé par le récepteur, qui reconstitue un message à partir du signal et le transmet enfin au destinataire. - Emetteur, canal et récepteur constituent les « intermédiaires techniques ». - La notion de bruit, c’est-à-dire toute source d’interférence susceptible de détériorer le signal et donc d’affecter la communication, occupe également une position centrale dans ce modèle. -La communication ainsi modélisé place en tête des préoccupations la lutte contre le bruit, dans le but d’améliorer la fiabilité de la transmission, et ensuite de pouvoir réduire la redondance et ainsi augmenter les capacités et les débits de transmission. - sans qu’on ne voit la propagande qu’elles véhiculent, sans qu’on ne questionne leur relatives véracités, sans qu’on ne remette en cause leurs origines (notamment le fait que ces informations émanent du pouvoir étatique et sont inféodées aux instances dirigeantes qu’elles soient économiques, politiques ou encore religieuses). 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : l’approche fonctionnaliste des médias (3/9) Remettant en cause cette linéarité de la diffusion et de la réception, les fonctionnalistes critiquent ce modèle statique. Modèle qui fait de l’individu et/ou du groupe une entité non réflexive, incapable de critiquer l’information reçue mais aussi et surtout un ensemble d’individus pensant tous de la même manière. Politiquement cette perspective théorique est intéressante. Elle considère qu’il convient uniquement de contrôler l’émission du message pour instaurer un véritable ordre de pensée social et politique sans que l’on puisse en changer. On peut définir l’approche fonctionnaliste comme étudiant « les relations possibles entre les individus, considérés comme sujets humains libres et autonomes, et d’autre part les médias de masse, considérés comme institutions de diffusion. » On s’interroge sur les usages plutôt que sur l’impact et les effets. Le problème central se déplace de la manipulation vers la séduction. L’opinion se formerait ainsi à partir d’un intérêt ou d’une réflexion personnelle mais aussi au travers d’autres réflexions menées dans le cadre de cercles restreints (famille, amis) ou de cercles élargis (collègues, médias). Chacun se forge-t-il sa propre opinion ? Ya-t-il des leaders (et dans ce cas il convient de s’adresser à eux en particulier) ? Quel rapport existe-il entre l’individu et la communauté dans laquelle il évolue... 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : l’approche fonctionnaliste des médias (3/9) En schématisant, on peut résumer les différences de perspectives entre béhaviorisme et fonctionnalisme par le tableau suivant : 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : la communication à deux étages (Katz et Lazarsfelt) (4/9) Ce modèle à deux étages distingue deux temps dans la communication de masse : 1. Premier temps : les messages sont d’abord perçus par les guides d’opinion qui 2. Dans un deuxième temps, retransmettent ces messages aux membres plus passifs de l’auditoire avec lesquels ils sont en contact. Le premier temps comporte deux processus distincts : - Réception et attention. - Réaction (acceptation ou rejet) à la tentative d’influence ou d’information. Les guides d’opinion sont presque à considérer, eux-mêmes, comme de véritables médias, émettant des messages vers un public, pouvant faire l’objet d’analyses de contenu, etc. La « mass communication » s’articule dans un système de relais. Mieux, ces relais ne sont autres que les relais traditionnels de la communication, antérieurs à l’avènement des médias modernes. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : la communication à deux étages (Katz et Lazarsfelt) (4/9) Trois caractéristiques des guides d’opinion : 1. Intérêt plus vif pour les évènements en cause et s’expose dès lors plus volontiers aux médias. Il est actif, par opposition avec ceux qu’il influence (passif). 2. Il entretient de nombreux contacts avec les membres de son groupe. 3. le groupe qu’il influence se reconnaît en lui, si bien qu’il faut qualifier l’influence d’horizontale. Il faut distinguer le guide d’opinion du « notable » (influence verticale) ou de la « personnalité pilote » (vedette qui prend parti, par exemple). Facteurs qui pourraient moduler l’influence exercée par le guide d’opinion : 1. Qui il est (personnification de valeurs). 2. Ce qu’il sait (compétences). Ex : personnes âgées pour l’expérience. 3. Qui il connaît (position sociale stratégique), d’une part à l’intérieur du groupe, et d’autre part à l’extérieur. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : la communication à deux étages (Katz et Lazarsfelt) (4/9) Le guide d’opinion est perçu par les membres de son entourage comme mieux informé et réagissant comme eux. On peut donc leur faire confiance. On peut, en outre, distinguer des « guides universels » et des « guides spécialisés », ces derniers exerçant leur influence que dans les domaines particuliers. Le guide d’opinion exerce principalement son influence auprès d’individus de la même tranche d’âge, ayant une profession et des opinions politiques semblables. Le rôle du guide se limite essentiellement à une fonction de renforcement des opinions du groupe, favorisant le conformisme social, la pression du groupe. En outre, les individus ont spontanément tendance à éviter la dissonance cognitive c’est-à-dire les messages qui contredisent ou mettent à mal leurs idées antérieures, leurs préjugés, leurs opinions. Ce modèle fait l’impasse sur l’influence directe que peuvent avoir les médias sur ceux qui sont identifiés comme passif, même dans des cas limités. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : le paradigme de Lasswell (5/9) Harold Dwight LASSWELL développa un paradigme qui invite les chercheurs à décomposer les processus de communication en cinq domaines de questionnement résumés par une formule : Who says What through What channel to Whom with What effect ou “Qui dit Quoi par Quel canal à Qui et avec Quel effet?”= paradigme des 5w, des 5Q ou de paradigme des effets ou encore de question de programme. Lasswell s’intéresse surtout à la propagande politique, si bien que son paradigme concerne la communication de masse conçue comme processus de persuasion et d’influence. C’est donc la question des effets qui est centrale, alors que la perspective béhavioriste la considère comme simple conséquence mécanique du processus (réponse à des stimuli), Lasswell impose l’approche des effets comme sujet à part entière, dont la complexité justifie une étude spécifique et distincte par une discipline propre. Il manque le contexte de la communication, le « dans Quelles circonstances », mais aussi le « pourquoi ». Ce modèle renforce, par ailleurs, une vision atomiste (s’applique au niveau individuel et dérive d’ailleurs de modèles de communication interpersonnelle) et béhavioriste de la communication de masse : on en reste à la structure stimulus-réponse. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : le paradigme de Lasswell (5/9) - L’analyse de régulation (« control analysis ») étudie les institutions médiatiques, leur organisation, leurs dirigeants, les journalistes, etc. - L’analyse de contenu s’attache particulièrement aux messages diffusés (émissions de radio ou de télévision, articles dans la presse) ; - L’analyse des médias envisage les techniques de diffusion proprement dites ; - L’analyse du public (« audience analysis ») se concentre sur les individus qui perçoivent les contenus - L’analyse des effets examine la nature et l’ampleur de l’impact des messages sur les destinataires. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : l’école de Palo-Alto (6/9) Les modèles linéaires de communication type émetteur- canal- récepteur montrèrent bientôt leurs limites : - Transformant abusivement les messages et leurs significations en objets matériels soumis à la plupart des lois physiques, ce qui n’aurait dû être qu’une métaphore a rapidement envahi la langue et les théories jusqu’à biaiser complètement les perception des phénomènes étudiés. - Tout était conçu en termes séquentiels et linéaires alors que la pensée, le langage et l’interaction sociale s’accommodent si mal à cette rigidité simpliste. - La communication se résumait à de simples transferts de mécaniques de messages explicites entre une source qui maîtrise le processus et un destinataire plus ou moins passif qui s’y soumet. - Les théories dérivées des modèles shannoniens limitent conceptuellement la communication à un « acte verbal, conscient et volontaire ». 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : l’école de Palo-Alto (6/9) L’idée centrale de l’ouvrage de Gregory BATESON consiste à concevoir la communication comme la matrice dans laquelle sont enchâssées toutes les activités humaines. En outre, Bateson élargit le champ de la communication à tous les processus par lesquels les individus s’influencent mutuellement. Il signifie ainsi que l’on peut parler de communication en dehors du cadre restrictif des échanges verbaux, intentionnels, explicites. Il y a une intéressante distinction entre quatre niveaux de communication : o Intrapersonnel (avec soi-même). o Interpersonnel (entre deux personnes). o Groupal (entre plusieurs personnes). o Culturel (entre de nombreux individus). 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : l’école de Palo-Alto (6/9) On parla rapidement d’approche social de la communication, de modèle orchestral, lequel abandonne l’image de ping-pong ou du projectile en postulant que chaque individu participe à la communication qui est , dès lors, envisagée comme un vaste champ d’interactions tous azimuts. La communication est permanente et pas nécessairement intentionnelle. Il n’y a plus de source ni de destinataire, plus d’émetteurs et de récepteurs, plus d’origine et d’aboutissement. Sous cet angle, le concept de communication est ramené à ses origines étymologiques de communion, mise en commun. Cette perspective entend envisager la communication (y compris verbal) comme un tout intégré. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : la communication de masse de Schramm (7/9) Dans son modèle de la communication de masse, c’est l’institution médiatique (télévision, radio, organe de presse écrite) qui occupe la position centrale. Le modèle envisage la relation entre un média et son public. Le média décode les nombreux messages qui proviennent de l’extérieur, qualifiés «d’intrants » (dépêches d’agences de presse, communiqués de presse, lettres…). Ces messages sont interprétés et font l’objet d’un tri, d’une sélection. Les informations retenues sont alors encodées (on écrit un article ou on tourne un reportage). Afin d’être diffusées vers le public. La boucle de rétroaction est dite « par inférence » ou « par induction » car elle n’intervient qu’avec retard et de façon indirecte (baisse d’audience). La rétroaction par inférence ne permet d’adaptation dans le chef de la source que dans l’hypothèse d’une « prochaine fois », alors qu’un conférencier ou un acteur de scène peut, en permanence, adapter ses comportements de communication aux réactions du public perçues simultanément. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : la communication de masse de Schramm (7/9) Ce modèle linéaire en termes d’émetteur- récepteur introduit trois éléments importants : - Le public est considéré comme un ensemble de groupes qui, comme les individus qui les composent, sont dotés des mêmes capacités de décodage- interprétation- encodage que les médias ; - Le public n’est pas considéré comme une masse inerte et passive ; -Les fonctions de sélection et d’interprétation des informations par les institutions médiatiques (et les individus qui la composent) sont identifiées et soulignées). Pour Schramm, la rétroaction doit permettre à un interlocuteur de signifier à l’autre que la communication ne se situe éventuellement pas dans cette intersection d’expérience commune et, par adaptations successives, de s’en rapprocher. Cet ajustement se produit par une succession, de part et d’autre, d’opération de décodage, d’interprétation puis d’encodage de messages. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : Hot media, Cool media (McLuhan) (8/9) Il considère les médias comme des extensions de nos sens. Sur cette base, il établit une échelle continue de classification des médias entre chaud et froid (les médias ne sont donc pas seulement chauds ou froids). Les médias chauds font appel à un seul sens. Ils découragent la participation, comportent peu de « blancs » à remplir, sont prêts à être consommés ; - Exemple : l’imprimé, la radio, la photographie, le disque, une conférence, le cinéma. Les médias froids prolongent plusieurs sens et permettent, encouragent même la participation, car il est nécessaire de compléter les messages. - Exemple : la parole, la conversation, la télévision, le téléphone. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : les axiomes de Watzlawick (9/9) Il s’agit d’une perspective empreinte de systémique et de cybernétique. « L’explication du comportement humain passe ainsi d’une vision intrapsychique à une prise en considération du système relationnel de l’individu, l’unité d’analyse devient l’interaction. » Il énonça 5 axiomes, propriétés fondamentales de la communication, sortes de principes fondateurs de la pragmatique de la communication. 1. On ne peut pas ne pas communiquer. 2. Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et par suite est une métacommunication. 3. La nature d’une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires. 4. Les être humains usent de deux modes de communication : digital et analogique. 5. Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu’il se fonde sur l’égalité ou la différence. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

Les grands modèles d’analyse : les axiomes de Watzlawick (9/9) Cet axiome trouve son origine dans une distinction introduite par Bateson entre l’indice et l’ordre : lorsque des individus communiquent, ils échangent des informations sur leurs perceptions ou connaissances (indice) ; ces informations constituent alors la cause ou la base d’actions à venir (l’ordre). Le contenu correspond aux données, aux informations que l’on veut transmettre (message), alors que la relation constitue une métacommunication, une indication sur la façon dont doit être compris le message. Par exemple : la relation permet de cadrer la communication en distinguant l’injonction de la plaisanterie, l’insolence de l’ironie, notamment grâce au langage non- verbal, aux gestes, aux expressions du visage, aux intonations. L’importance relative de ces deux aspects peut varier considérablement. Nous pouvons imaginer les cas extrêmes dans lesquels la relation (personnage important) constitue l’aspect significatif de la communication, le contenu (discours) n’étant qu’un prétexte accessoire. La seule action de communiquer constitue le message le plus important. A l’inverse, certains échanges sont pauvres en relation, notamment lorsqu’on veut expressément ne laisser aucune place à l’interprétation. 1-1 Les grands modèles d’analyse des médias.

1- 2 Implications de la convergence numérique sur l’information Decuyper Nathalie, professeur droit de l’information et de la communication.

De la convergence numérique, TIC et multimédia La numérisation qui fonde le succès technologique et économique de cette révolution du « multimédia » est liée à 2 corollaires qu’il faut distinguer pour comprendre la convergence. L’interconnexion permet à des systèmes de même nature d’échanger des messages et donc aux utilisateurs d’un réseau de communiquer avec ceux d’un autre réseau. Les normes et protocoles doivent être identiques ou compatibles. L’interopérabilité permet à des systèmes de nature différente d’échanger ou de partager de l’information ou des messages (entre poste privé et téléphone portable). 1-2 Implications de la convergence numérique sur l’information

Les 4 implications de la convergence numérique sur l’information Précipitation et fragmentation L’information circule pratiquement en court-circuit. Toute bribe d’information est quasi instantanément relayée et distribuée, avant même d’être sérieusement vérifier, expliquer, mis en contexte. Plus l’événement est complexe et important, plus les bribes d’information éprouvent de grandes difficultés à appréhender les événements dont ils n’ont, au prix d’efforts importants, qu’une perception confuse et fragmentée. Le travail du journaliste est implicitement dévalorisé et considéré comme une perte de temps (décalage de plusieurs heures/jours). Validation de l’information Les TIC permettent et encouragent la participation sous diverses formes. Le public est invité à s’exprimer, à donner son avis sur divers sujets. Le nouveau modèle de validation favorise plutôt la popularité telle qu’exprimer par les manifestations d’opinion (forum, blogs). Ces différents outils apportent une impression réconfortante de démocratie et de transparence. La confiance qu’inspire le jugement des paris peut affecter le regard que nous portons sur l’actualité et, plus largement, le monde dans lequel nous vivons et influence, plus que refléter, le climat d’opinion. 1-2 Implications de la convergence numérique sur l’information

Les 4 implications de la convergence numérique, TIC et multimédia sur l’information Presque- journalisme Des individus ou des organisations peuvent avec des moyens limité, mettre à disposition voire diffuser des contenus suivant des formats qui rappellent nettement ceux des médias d’informations. Cette émergence peut être envisagée comme un complément enrichissant du paysage médiatique pour autant que le public soit en mesure de surmonter la confusion des genres et qu’il ne soit pas tenté de substituer des sources presque journalistiques à ses ressources habituelles d’information journalistique. Survalorisation de l’information brute Il ne faut pas présenter comme préférable l’information brute et abondante alors même que la valeur ajoutée du journalisme, sa raison d’être a toujours été, précisément, d’opérer le travail de sélection, de vérification, de contextualisation et d’explication pour un public qui n’a ni le temps, ni les moyens, ni les capacités à le faire. 1-2 Implications de la convergence numérique sur l’information

Section 2 Les nouveaux moyens de communication ont entrainé de nouvelles pratiques et engendré de nouvelles attentes d’inter activité avec les medias, les gens et contenus informatifs. 2-1 En quoi Internet est il radicalement différent de la presse ? (en anglais) 2-2 Les spécificité de la presse en ligne 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation. 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics. 2-5 Le blog, c’est avant tout un formidable vecteur d’opinion. 2-6 La homepage, lieu de soi et espace partage : l'altérité dans la construction identitaire Photo: Roxyscience

2-1 How the web is different from print? Gerry McGovern, Web content management solutions, founder and CEO of Customer Carewords.

Of all the things that make the Web different from print, linking is the most important. Are we tool-making animals or are we animals made by tools? It's an old question. How much did the quill shape our minds and worlds? We invented the printing press which then invented a new society, a new way of thinking. And now….what will happen to us ?` The Web is about links. Print is about units of content. A 500-word article, a book, a magazine, a report. Print writing is often a solitary task. The Web is about linking. We're linking one piece of content to another. We're linking the consumer of the content with its producer. 2-1 En quoi Internet est il radicalement différent de la presse ?

We invented the Web. How is the Web re-inventing us? What makes the Web different from print? We need to carefully answer this last question because otherwise we are in danger of approaching the Web with our print-thinking and print-techniques. We are in danger of saying: 'This is what quality writing is,' when really what we are saying is: 'This is what quality print writing is.‘ Here are some of the ways the Web is different from print: The Web is about links The Web is about tasks The Web is about finding The Web is about permanence The Web is a process The Web is about the customer 2-1 En quoi internet est il radicalement différent de la presse ?

5 major differences between web and print The Web is a functional, task-oriented place. We come to the Web to do, and we already have the context when we get to the website. Print lends itself to length and because print is physically going out to the reader, it tends to have lots of contextual language. The Web is bare, hermetic, pared-down-an ugly but useful place. The Web is about the customer trying to find the content, rather than the content trying to find the customer. The Web turns much of advertising and marketing on its head. You must know the words your customers use when they search. Otherwise you are lost. The Web is about permanence. Over time, most print content degrades, dissolves, disappears. Try finding that brochure you published in print in 2003. But if you put it up on your website, it's still there. This is the great blind spot of web teams. Review and remove. 2-1 En quoi internet est il radicalement différent de la presse ?

5 major differences between web and print The Web is a process. Print is an event. You get it all together and then you publish. And then it's over. Job done. On the Web it's job begun. The print and IT culture of launch and leave is a ruinous strategy on the Web. Great websites involve continuous improvement of your top tasks. The Web is about the customer. It is not about the control of elites. It is about the wisdom of crowds, the collective intelligence. At the center of the Web is the customer, not the organization. It is about the things the customer wants to do, not the things the organization wants to do to the customer. 2-1 En quoi internet est il radicalement différent de la presse ?

2-2 Les spécificités de la presse en ligne Club Sénat.

Contrairement aux autres médias, les sites d’information en ligne ne sont soumis à aucune chronologie prédéterminée. Ils n’ont pas de rythme de parution. Mis à jour en continu, ils sont capables de diffuser l’information instantanément. Cela modifie le cycle classique de l’information où tour à tour la radio annonce la nouvelle, la TV la montre et le quotidien la met en perspective. Les sites d’information, alimentés par les dépêches des grandes agences de presse, deviennent le premier lieu où l’information est annoncée. Ainsi trouve-ton souvent un encadré réservé à ces dépêches, non retraitées et diffusées instantanément lors d’un événement important. Internet est en passe de dicter son rythme aux autres médias car il y a toujours un site ou un blog pour annoncer un événement dès qu’il se produit. En parallèle à cette diffusion presque instantanée de l’information, les sites d’information en ligne proposent des archives, parfois anciennes de plusieurs années, et qui apparaîtront en lien sur la même page que des nouvelles fraîches de quelques heures. Les sites d’information en ligne proposent donc un nouveau rapport au temps, qui relie passé et présent de façon inédite dans l’histoire des médias. 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

La diffusion globale de l’information est accélérée et les sites se concurrencent aussi sur le critère de la rapidité de mise en ligne. Cette course conduit à privilégier l’information brute à l’analyse, qui demande plus de temps. Les effets de l’électronique sur l’univers journalistique: -Quand les nouvelles se déplacent lentement, le journal a le temps de fournir des perspectives, de rétablir le contexte général, de relier cela avec les dernières nouvelles, et le lecteur reçoit un « package » complet. - Quand l’information vient à grande vitesse, il n’y a pas la possibilité d’un traitement aussi littéraire, et le lecteur reçoit un kit à monter soi-même. » 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

L’information étant partout disponible, la produire compte moins qu’en maîtriser la diffusion. Parmi les indicateurs, celui de l’audience est mesuré par le trafic enregistré par le site qui indique le nombre de visiteurs (uniques ou réguliers), le nombre de pages consultées et la durée de leur passage. Connaître l’itinéraire de l’internaute a un impact sur le plan rédactionnel et publicitaire. Sur ce point, le métier de la presse en ligne diffère fondamentalement des médias traditionnels car il propose moins un contenu à un public qu’une gestion du trafic sur un réseau. Les liens permettant d’avoir accès à l’information ont donc une importance primordiale. 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

Les moteurs de recherche apporteraient plus de la moitié de l’audience des titres de presse généralistes. On peut distinguer cinq types d’itinéraires qui conduisent à un site d’information : - la liste des favoris du navigateur web ; - le lien envoyé par e-mail (dans une lettre d’information par exemple) ; - l’échange de lien entre sites ; - les moteurs de recherche ; -l’adresse du site directement tapée. Parmi ces itinéraires-types, celui qui représente le plus important levier de croissance est le référencement, naturel ou payant, sur les moteurs de recherche. Les éditeurs de sites d’information cherchent donc à obtenir le meilleur positionnement sur ces moteurs. Le moteur de recherche le plus utilisé en France est Google avec environ 80 % des recherches. Google a simplifié au maximum la recherche de l’information et donne accès à tout l’univers de l’internet « visible » depuis un simple espace de saisie dans lequel il suffit d’entrer un ou deux mots clés pour trouver une multitude de sites pertinents correspondant à la recherche. 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

Google et les autres moteurs de recherche donnent accès à l’information d’une façon plus simple et plus personnalisée que sur tout autre site d’information et même sur tout autre média. Ils proposent une autre forme de navigation structurée par la recherche qui est précisément le point de rencontre entre l’offre et la demande. Cette position d’intermédiaires privilégiés de l’information a conduit les moteurs de recherche à proposer des véritables sites d’information en ligne (Google News, Yahoo News par exemple), sans journalistes et alimentés automatiquement par des algorithmes qui assurent la remontée des dépêches et des articles de journaux. Ils proposent des outils de personnalisation à l’internaute et cherchent à occuper la page d’accueil de leur navigateur. Le « journalisme d’algorithmes » pourrait peut être un jour prendre le dessus sur le « journalisme éditorialisé ». Le pouvoir des moteurs de recherche est aujourd’hui immense. Le bon référencement sur ces outils est une condition nécessaire au succès. Il peut, le cas échéant, entrer en conflit avec les principes de liberté d’expression dans la mesure où certains sites et mots clé peuvent être exclus. 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

L’accès ne se fait pas au tout que constitue le site mais directement à la partie qui intéresse l’internaute : l’information est fragmentée Le journal imprimé constitue une œuvre collective, achevée, que le lecteur peut saisir dans son intégralité. A l’inverse, un site d’information en ligne est une œuvre ouverte, en perpétuel changement, à laquelle l’internaute a accès de façon fragmentaire. Il est impossible de prendre la mesure de tous les contenus proposés par un grand site d’information puisque chaque jour des centaines de nouvelles pages sont ajoutées. Les sites sont ainsi démembrés : l’accès ne se fait pas au tout que constitue le site mais directement à la partie qui intéresse l’internaute. Le rôle des archives du site comme point d’accès et générateur de trafic est donc essentiel. A ce démembrement des sites d’information succède un remembrement grâce à la personnalisation assurée par l’individu en fonction de ses intérêts. La technologie des flux RSS par exemple permet de collecter en continu toutes les nouveautés des sites choisis et de les agréger sur une page personnalisée. 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

De nouveaux modes d’indexation de l’information à plusieurs entrées. Si les nouveaux codes d’écriture journalistique ne sont pas encore intégrés, les sites ont en revanche bien pris conscience que la présentation et l’indexation des articles sur le site devait être différente de ce qui était fait sur le journal papier. Tous les sites d’information en ligne utilisent ainsi plusieurs modes de classement de l’information : -une liste de rubriques thématiques semblable à un sommaire de presse écrite (International, Sciences, Sports, Culture, etc.) ; -une liste de formats (portfolios d’images, vidéos, tchats, blogs, etc.) ; -enfin, une présentation de l’information sous forme de classements (contenu le plus récemment mis en ligne, le plus consulté, le plus recommandé, etc.). Ce mode d’indexation de l’information à plusieurs entrées représente une grande nouveauté par rapport au classement traditionnel et figé des quotidiens imprimés : plusieurs parcours dans le site donnent accès au même article et l’internaute peut influer sur le classement des articles. 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

Le site d’information en ligne est aussi un lieu de débat où l’internaute peut s’exprimer au même titre que le journaliste. Enfin, est-il besoin de rappeler que la modification fondamentale dans la façon dont l’information est reçue provient de la possibilité donnée à l’internaute de réagir ? L’interactivité bouleverse le rapport des journalistes à leur lectorat puisque dès qu’un article paraît, il est possible de poster un commentaire lisible par tous, contrôlé seulement par un modérateur qui évite que des propos injurieux ou illégaux soient publiés. Les internautes ont peu à peu gagné du poids et de la place dans les sites d’information en ligne : ils ont d’abord été dirigés vers le courrier des lecteurs, puis vers des forums. Aujourd’hui, ils s’expriment dans le même espace que le journaliste (exemple : dans une colonne de droite à côté de chaque article sur lemonde.fr). 2-2 Les spécificités de la presse en ligne

2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation. Marie Bénilde, enseignante et journaliste collaboratrice au Monde Diplomatique.

L’AFP donne la ligne éditoriale à Yahoo, à Orange, parce que ce sont eux qui donnent l’information à tous les Français qui vont sur Internet Le député des Hauts-de-Seine, M. Frédéric Lefebvre, mérite d’être écouté. Ce porte-parole de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) communique l’essentiel de la réflexion de la majorité sur le thème des médias. Sa charge contre l’Agence France-Presse (AFP), coupable à ses yeux de ne pas relayer la condamnation de Mme Ségolène Royal dans une affaire de droit du travail, en dit long sur la perception par le pouvoir de l’influence des nouveaux médias. A l’écouter, l’AFP pose problème quand elle ne répercute pas la communication de son parti. Non pas tant en raison de l’importance de cette agence auprès des médias installés que de sa capacité à nourrir en contenus les grands portails Internet. « L’AFP donne la ligne éditoriale à Yahoo, à Orange, parce que ce sont eux qui donnent l’information à tous les Français qui vont sur Internet », estime M. Lefebvre . 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Les portails de Yahoo, Orange ou Google comptent en effet parmi les sites d’information les plus consultés en France avec ceux du Monde ou du Figaro. Particularité de ces acteurs nés sur Internet ou venus des télécommunications : ils agrègent des contenus en provenance d’autres sites d’information et des dépêches d’agences de presse, là où les médias traditionnels mobilisent des rédactions dédiées à leur production en ligne. Comme tels, ces nouveaux supports n’ont donc pas à proprement parler de ligne éditoriale. Depuis début juin, le site Orange.fr, consulté par quinze millions six cent mille visiteurs chaque mois, s’en remet aux journalistes du Figaro, propriété du sénateur UMP Serge Dassault, pour animer une interview politique quotidienne, ou à Radio Classique, propriété de M. Bernard Arnault, pour alimenter son espace en entretiens avec des patrons ou des acteurs de l’économie. La page d’accueil du portail, qui fait miroiter des informations sur les services, les sports ou les loisirs, délègue à l’AFP sa partie « actualités », où les internautes sont invités à réagir à travers des forums. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

La stratégie Orange est représentative de la tendance générale qui est à diffuser des contenus en libre accès financés par la pub. Fort du chiffre d’affaires de sa puissante maison mère France Télécom (54 milliards d’euros), Orange se positionne de plus en plus comme un média à part entière. Le groupe a acquis une partie des droits de retransmission du championnat de France de football ; il s’est offert la rediffusion des films de la Gaumont, de la Warner ainsi que des séries du réseau américain Home Box Office (HBO) : autant d’accords qui lui permettront d’abreuver une offre de six chaînes consacrées au cinéma et aux séries télévisées dès cet automne. Depuis le 2 juillet, il distribue en outre un bouquet d’une soixantaine de télévisions par satellite qui rivalise avec Canalsat, édité par le groupe Canal+. L’arrivée de ce nouveau mastodonte, qui entend se financer par la publicité tout en bénéficiant de la manne d’abonnés à son offre de services « triple play » (Internet- téléphone-télévision), illustre la transformation des moyens d’information à l’ère numérique. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Car c’est en reprenant le modèle de l’agrégation de contenus les plus divers vers une multiplicité de supports que les médias traditionnels escomptent trouver leur salut. Sous la direction de M. Jean-Claude Dassier, son nouveau directeur de l’information, le groupe TF1 engage ainsi un rapprochement entre les rédactions de TF1, de La Chaîne info (LCI) et du site LCI.fr afin de fournir en images et en productions une plate-forme unique tournée vers tous les canaux. Le groupe Lagardère crée l’entité Lagardère News, décrite comme une « nouvelle fabrique de l’information » commune à l’ensemble de ses rédactions et de ses sites. Les sociétés de journalistes des médias de Lagardère (Europe 1, Paris Match, Journal du dimanche, Elle) pointent déjà le « risque de dilution de l’identité de chaque titre » au nom d’un meilleur rendement et au détriment de la qualité. Légitimée par l’obligation de réaliser des économies d’échelle à l’heure où le boom des recettes publicitaires sur Internet ne compense pas encore la perte de revenus sur les supports traditionnels, l’agrégation de contenus, notamment vidéo, génère assurément la plus forte audience. Mais à quel prix ? 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Ce qui a une conséquence directe sur le professionnel de l’information qui se mue en travailleur «multi supports » et «multitâches ». A l’approche des états généraux de la presse, annoncés pour l’automne par Mme Christine Albanel, un nouveau modèle de journaliste semble se mettre en place. Le professionnel de l’information se mue en travailleur « multi supports » et « multitâches ». Sur papier comme sur écran, au micro ou à la caméra, il « fournit du contenu », une palette de « produits » dont une partie croissante est accessible gratuitement. On le sollicite aussi pour stimuler, enrichir et parfois vérifier le flux de contributions produites sur le site Internet par les internautes. Dans un avenir proche, maîtriser une caméra numérique, utiliser les outils de montage vidéo, animer un plateau de débat télévisé, tout cela comptera davantage que la connaissance approfondie de certains domaines ou l’aptitude à réaliser des enquêtes. De nombreuses rédactions demandent déjà à leurs journalistes de contribuer au site en apportant sons, vidéos ou informations exclusives en échange d’un forfait modique (de 48 à 68 euros mensuels au Parisien - Aujourd’hui en France), voire à titre gracieux (comme à Ouest-France). 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

A la vision verticale d’une voix d’autorité délivrant son savoir depuis un accès quasi privatif aux sources (agences de presse, institutions) se substituerait un « journalisme de conversation ». Du moins c’est ainsi que l’explique Pascal Riché, rédacteur en chef du site d’information en ligne Rue89, qui s’épanouit dans l’« échange horizontal, ouvert, interactif et itératif » avec le lecteur. Si un tel dispositif peut paraître viable pour les nouveaux acteurs de la Toile, il n’en demeure pas moins lourd de contraintes inédites dans les médias traditionnels. Une nouvelle étape de l’exercice du métier de journaliste serait-elle franchie ? Il s’agirait de fonder avec l’usager des médias une relation revigorée par la prise en compte d’une parole trop longtemps ignorée. Le risque tient d’abord au creusement d’un fossé entre des journalistes-orchestres, aptes à jouer la partition des technologies nouvelles, et des professionnels (rares) plus aguerris à la recherche et à la vérification des faits qu’aux moyens de les accommoder. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Mais, comme dans le journalisme traditionnel, les effets induits par la recherche de l’audience maximale sont nombreux et pervers. En devenant à leur tour des agrégateurs d’images et des diffuseurs de rumeurs — comme l’annonce prématurée par M. Jean-Pierre Elkabbach de la mort de l’animateur de télévision Pascal Sevran sur le site d’Europe 1 —, les médias cèdent à ce que M. Elkabbach lui-même, aujourd’hui patron de Lagardère News, appelait la « dictature de l’émotion » et l’« immédiateté de l’apparence ». La raison en est simple : la plupart des sites d’information redoutent de perdre l’audience de ce qui fait « buzz » et engendre donc une fréquentation monnayable. La presse devient de la sorte le principal moteur de la « vedettarisation -vulgarisation » du politique, tendance qu’elle dénonce simultanément. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Les travers du journalisme en ligne apporteur d’audience se mesurent aussi à l’aune d’une dérégulation totale du métier. Noyé dans le flot incessant des nouvelles, le professionnel recruté pour son hyperréactivité sur la Toile joue au serpent qui se mord la queue : il fait savoir ce qui se sait, montre ce qui se voit, réagit à ce qui génère des réactions. Comme l’atteste le défilé ininterrompu de nouvelles plus ou moins anecdotiques et de vidéos sur le site Lepost.fr, édité par Le Monde, la hiérarchie de l’information n’a plus cours dans un cybermonde où prime la dernière livraison inédite. « Qu’est-ce qui importe dans ce flux mécanique ? » : telle est sans doute la dernière question que le journaliste de l’ère numérique est invité à se poser. Le discours patronal chante pourtant les vertus d’un métier régénéré par son aptitude à trier et à mettre des « contenus » divers sur les rails. Sans doute plus à la façon d’un chef de gare que d’un conducteur de locomotive. Le train de l’Internet n’attend pas, mais nul ne sait où il va. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Cependant, le journalisme pour ordinateurs a aussi vu l’éclosion de sites indépendants qui ont joué leur rôle dans la contre-campagne sur le référendum européen de 2005. Il a permis l’apparition de canaux d’information et de réflexion alternatifs à la pensée dominante qui tranchent avec les règles de la connivence et de l’asservissement aux pouvoirs capitalistiques, politiques et économiques. La crise du journalisme de marché, son déclassement dans l’opinion publique sont en bonne partie imputables à l’émergence d’une parole libre et critique sur Internet. Une telle émancipation sera-t-elle de nature à rejaillir sur les sites des grands médias et à encourager l’impertinence de leurs journalistes ? On peut en douter tant le cadre d’expression défini par l’actionnaire est étroit. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

Les propriétaires misent en effet sur l’accumulation d’audience à travers des sites de médias gavés d’espaces vidéo qui se prévalent d’inventer une « nouvelle écriture journalistique ». En réalité, il s’agit surtout de satisfaire la demande en contenus multimédias d’ordinateurs reliés à des réseaux à haut débit obéissant à des logiques de télécommunications. Un tel paramétrage des sites, souvent conçu par des directions informatiques, détourne d’autant plus facilement du journalisme que l’économie de la presse incite à la réduction des coûts. Tel est le prix à payer tant que les recettes publicitaires sur le Net ne contrebalancent pas la chute des revenus du papier. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

A la compression numérique correspond une compression journalistique. En mai 2007, le groupe Hearst annonçait la suppression d’une centaine de postes de journalistes au San Francisco Chronicle pour lancer six mois plus tard un service de vidéos financé par la publicité sur le site du journal. « Ceux qui doivent partir sont des journalistes extrêmement compétents qui se consacrent à la recherche et à la couverture de la vérité, en toute indépendance et sans peur ni parti pris », note Neil Henry, enseignant en journalisme de l’université de Berkeley. Les coupes se sont multipliées dans les rédactions des quotidiens américains : deux cents rédacteurs licenciés au Mercury News de San Jose, cent au New York Times, cent à l’Union Tribune de San Diego. Depuis l’an 2000, la rédaction du Los Angeles Times est passée de mille deux cents à sept cents personnes. Aux journalistes, les patrons de presse préfèrent désormais les apporteurs d’audience participative. L’industrie de la robinetterie à commentaires a de beaux jours devant elle. 2-3 Les sites d’information en ligne modifient l’accès à l’information, sa production et sa consommation.

2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics. Olivier Tredan, doctorant CRAPE Université de Rennes.

Le « journalisme citoyen » est un paradigme mou qui se diffuse comme une traînée de poudre auprès d’une frange d’internautes actifs. L’affaiblissement des frontières traditionnelles entre sources, médias et public réactive l’imaginaire d’une communication désintermédiée, où les contenus rédactionnels circuleraient hors des circuits médiatiques traditionnels. À première vue, l’internet est devenu le lieu d’un affrontement symbolique sur la définition d’une identité professionnelle en perpétuelle mutation : le journalisme. La récurrence des débats entre blogs et journalisme, menés tant du point de vue des professionnels que des amateurs, témoigne de ces questionnements. 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

L’enjeu est de cerner une possible extension du territoire professionnel. D’un côté se déploient des discours de légitimation des journalistes pour borner leur territoire professionnel en refusant l’entrée de nouveaux acteurs ; de l’autre des producteurs d’information réfutent le qualificatif « journalistique » tout en s’en appropriant les savoir-faire et la terminologie. L’émergence de nouveaux espaces labellisés « journalisme citoyen », a pour première vertu de nous rappeler que le journalisme est une construction sociale, aboutissement d’un long processus historique. Les transformations sous-tendues par le phénomène de l’autopublication ont pour deuxième vertu de nous inciter à nous départir d’une vision trop média-centrée. 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

Les nouvelles formes d’intermédiation doivent faire l’objet d’une vigilance accrue. L’internet apparaît de plus en plus comme un espace mosaïque composé d’espaces de socialisation (François, Neveu, 1999) participant de la construction de réalités sociales particulières, selon des dynamiques de reconfiguration des frontières public/privé. La « naturalisation » du « journalisme citoyen » conduirait à négliger la question de la capacité des profanes à produire, diffuser et s’approprier de l’information en dehors des espaces labellisés. Mais surtout, elle ne permettrait pas de saisir l’influence d’une représentation mythifiée du public dans l’évolution de la configuration journalistique. On fera ici l’hypothèse que ces nouveaux modèles proposent principalement une reconfiguration de la médiation, avec des logiques de réification des catégories du « journalisme » et du « citoyen », pour légitimer une identité professionnelle en canalisant des écrits « citoyens » vers des arènes de débat public. 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

Deux visages du journalisme citoyen : les exemples d’agoravox et place publique D’un côté, l’identité professionnelle des porteurs du projet est floue : la porosité des frontières entre sources, pairs et publics est instrumentalisée par les initiateurs de ces expériences. De l’autre, les initiateurs sont des journalistes dont l’identité professionnelle est explicite. Toutefois, ils ont en commun d’affirmer la place du journaliste, en tant que médiateur porteur d’une expertise particulière, face à un public-source, comme communauté imaginaire, fédérée par une perception relativement similaire du monde social, un même souci pour la chose publique. Or, dans la mesure où la démarche de Place Publique s’est soldée par un échec, elle doit nous permettre de souligner les limites du concept de « journalisme citoyen ». Celles-ci sont imputables à une vision fonctionnaliste du statut et du rôle du journaliste. À l’inverse, le relatif succès d’AgoraVox, malgré une même grille de lecture, doit nous inciter à penser la manière dont la nouvelle figure du public est devenue une ressource pour légitimer la position d’acteurs émergents. 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

AgoraVox s’inscrit dans une logique d’extension du journalisme, en se positionnant précisément dans un espace frontière entre journalisme, sources et publics. Il tire sa légitimité de cette position. Le projet part d’un constat qui a marqué l’histoire du Web : le témoignage profane peut être source principale d’informations, en particulier lors de circonstances exceptionnelles (les témoins) et d’un précédent comme modèle, le site sud-coréen Ohmynews , auquel la légende attribue une responsabilité dans l’élection du dernier Président sud-coréen. La juxtaposition des attributs de « citoyens » et de « reporters » révèle une représentation inédite dans l’univers professionnel dans la mesure où elle nie l’expertise du reporter. Toutefois, AgoraVox réalise bien un travail éditorial en sélectionnant et hiérarchisant les productions informationnelles des profanes – une notion qui doit elle-même être fortement relativisée. Ce travail est effectué par un comité éditorial encadré par la société Cybion , spécialisée dans la veille informationnelle, à l’origine de la plate-forme « citoyenne ». 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

En proposant une autre facette du « journalisme citoyen », l’objectif de Place Publique est d’implanter des agoras électroniques territorialisées , pour « renouveler » un dialogue citoyen et citadin. S’appuyant sur les collectivités locales, la démarche s’articule autour de la constitution de nouveaux espaces de débat public et l’acquisition par les « citoyens » des compétences jugées nécessaires pour la production d’informations locales, marquées du sceau de l’objectivité. Des sites de co-publication, développés sous le logiciel open - source SPIP , sont mis en place à l’échelle de la ville. Pour participer à ces arènes, une initiation aux techniques journalistiques doit être suivie ; elle est dispensée par les instigateurs du projet, des journalistes qui se partagent les postes-clés au sein des comités éditoriaux locaux. Postulant a priori l’incompétence des habitants (principalement acteurs associatifs) en matière de production d’informations, ces expériences entendent de transformer des « citoyens » en reporters disposant de leurs propres médias. La perspective de Place Publique rejoint dans une certaine mesure celle du Public Journalism (Beauchamp, Watine, 1996), pour laquelle la mission du journaliste est d’apporter son expertise au du public, afin d’assurer la mise en débat de questions publiques. 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

Ces deux exemples permettent de souligner l’existence d’un imaginaire commun d‘internet caractérisé par l’émergence de nouveaux médiateurs. Le « journalisme citoyen » s’insère dans le contexte particulier de l’essor de l’auto - publication et de la perception d’une crise morale que traversent les médias de masse. L’imaginaire de l’internet (Flichy, 2001) a produit des outils visant à la « démocratisation » de la publication et de la distribution des informations. Pour reprendre la grille de lecture de Dominique Cardon et Fabien Granjon (2003), le développement des blogs s’insère dans un imaginaire social, celui d’une double critique anti-hégémonique (refus de la monopolisation de la production de l’information par les médias de masse) et expressiviste (souci de libéralisation de la parole profane dans l’espace public). 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

En sus de cet imaginaire social, l’essor des blogs est porté par un imaginaire technique. Qui a contribué à réactiver une utopie de la communication désintermédiée. Ces nouveaux dispositifs passeraient par des processus d’automatisation et des formes d’autonomisation de la médiation vis-à-vis des médias traditionnels (Weissberg, 1999). Les logiques d’interactivité dans la pratique du blog ont produit une représentation d’un nouvel espace public numérique et une forme d’intelligence collective, assurée par le jeu des liens hypertextuels. Cette conscience discursive a donné lieu à la production de la notion contestable de « blogosphère », qui désigne en réalité un ensemble de pratiques et de formats extraordinairement différents (Cardon et alii, 2006). Elle incarne un imaginaire qui se résume dans les titre et sous-titre évocateurs du livre de Dan Gillmor, essayiste, journaliste et blogueur américain , (2004) « We the Media, Grassroots Journalism by the People for the People » et à quelques exemples emblématiques d’un contre-pouvoir assumé par des blogueurs face aux journalistes conventionnels (Le Cam, 2006). 2-4 L’autopublication issue des journalistes citoyens brouille l’espace frontière entre journalisme, sources et publics.

Plus qu’une concurrence ou une autonomie de l’autopublication par rapport au journalisme, il implique une évolution de l’espace journalistique, à ses marges. Le « journalisme citoyen » apparaît comme une dynamique qui accompagne la « profanation » d’un espace public médiatique. Les espaces dits citoyens sont le produit de stratégies d’acteurs qui visent à réactiver leur identité professionnelle, en jouant parfois sur le flou occasionné par la médiation de la technique. Celle-ci, rappelons-le, peut contribuer à éroder les frontières entre public, sources et journalistes. Derrière un discours sur la citoyenneté, les « foules intelligentes » et la démocratisation des procédés de publication, se noue une stratégie de légitimation d’une idéologie professionnelle, reposant tout particulièrement sur des savoir-faire

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